L’Espérance, c’est ce qui donne à l’être humain la force de vivre. Une des missions du christianisme est d’apporter au monde l’Espérance. Mais évidemment, pour pouvoir transmettre l’Espérance, il faut d’abord en vivre.
Le chapitre 27 des Actes des Apôtres relate un voyage de Paul : celui-ci se rend à Rome, dans un bateau confié aux ordres d’un centurion. Malgré les avertissements de Paul, le bateau prend la mer alors que l’automne est déjà bien avancé, et essuie une tempête. Dans un premier temps, les marins tentent de sauver le bateau, puis ils doivent jeter par-dessus bord les marchandises qu’ils transportent ainsi que le gréement. Mais la tempête ne s’apaise toujours pas, et au bout de plusieurs jours, les marins commencent à perdre espoir (verset 20). Ils doivent se rendre à l’évidence : le ciel ne se calmera pas, et personne ne viendra leur prêter secours.
C’est alors que Paul prend la parole, et réconforte les marins. Les premiers mots qu’il prononce ne portent aucune trace d’espérance : il commence par leur faire des reproches et leur affirme que le bateau coulera. Il leur fait comprendre qu’ils ont eu tort, et qu’ils doivent d’abord reconnaître leur erreur. S’ils avaient écouté Paul, rien de tout cela ne serait arrivé. C’est une force de reconnaître ses erreurs. Puis, non sans humour (il ne faut pas oublier qu’il était juif), il annonce presque en ces termes : « J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise nouvelle, c’est que ce bateau va couler, mais la bonne, c’est que vous ne mourrez pas. »
Il est également intéressant de se pencher sur la réaction du centurion aux avertissements de saint Paul. Qui écoute-t-il ? Dans les versets 11 et 12, il est dit que le centurion fait davantage confiance au pilote. Après tout, c’est son métier, les pilotes ne sont-ils pas censés s’y connaître, en météo ? Puis le centurion écoute l’armateur du bateau : les riches ne sont-ils pas censés avoir toujours raison ? Puis, au final, il obéit à la majorité, car on sait bien que la majorité a toujours raison. Et pourtant, on voit bien que ni l’expérience, ni l’argent, ni la démocratie ne sont capables de sauver un bateau pris en pleine tempête. Le centurion aurait mieux fait d’écouter Dieu, quand Il parlait à travers saint Paul.
Tous les jours, nous constatons que nos sociétés occidentales agissent exactement comme ce centurion. Nous ignorons la parole de Dieu et les enseignements que l’on peut tirer de la Bible. Nous ne reconnaissons que l’argent, le succès, et la voix de la majorité. Les hommes auraient-ils oublié le but ultime de leur pèlerinage sur cette terre ? Nous confondons les buts et les moyens. L’argent, la science, le progrès deviennent nos buts. C’est pour cela que lorsque nos pays traversent des crises économiques, sont menacés par le réchauffement climatique, subissent des catastrophes et traversent toutes sortes de tempêtes, ils ne font confiance qu’à leurs seuls efforts pour s’en sortir. Paul, lui, nous montre la vraie espérance. Nos efforts sont vains, de toutes façons le bateau coulera, mais nous, nous ne sommes pas obligés de mourir.
Mais avant que Paul ne révèle à ses compagnons de voyage ce qu’est la véritable espérance, il doit commencer par les réprimander : « Mes amis, il fallait m’obéir, […] on aurait évité ces dommages et ces pertes ! ». En effet, pour que l’homme puisse voir l’espérance qui vient de Dieu, il doit reconnaître sa faute. Je dois reconnaître que j’avais tort d’écouter ces gens. Je dois changer d’attitude et écouter Dieu. Quand mes amis juifs (je suis moi-même juif) apprennent que je crois en Jésus, le Messie juif, ils me demandent souvent : « Tu veux dire que c’est toi qui as raison, et que tous nos sages et nos rabbins, qui depuis 2 000 ans ne croient pas en Jésus, se trompent ? » Je réponds alors : « C’est exactement ce que je veux dire. Nous nous sommes trompés, mais maintenant, il est temps de l’avouer, et d’écouter Dieu plutôt que les hommes ! » Plus tôt nous écouterons Dieu, plus nous limiterons les pertes.
Mais revenons-en aux Actes des Apôtres. Paul était certain d’avoir raison, mais d’où cette certitude lui venait-elle ? Il l’explique lui-même quand il parle du Dieu qu’il sert et auquel il appartient. La vie de Paul n’a de sens que parce qu’il la met au service de Dieu par Jésus. Le but de son voyage est l’évangélisation de Rome, conformément au plan de Dieu. Ce plan ne peut pas échouer. Ce que Dieu a prévu doit s’accomplir, indépendamment de ce que font les hommes. Rien ne peut empêcher le plan de Dieu de s’accomplir, ni la bêtise humaine, ni même les obstacles que pourraient mettre les hommes. Le raisonnement de Paul est simple : Dieu lui a donné rendez-vous à Rome, il doit donc s’y rendre. Et puisque vous être là avec moi, vous aussi, vous arriverez à Rome. La mission confiée par Dieu à Paul décide du salut des autres passagers du bateau.
A nous aussi, aujourd’hui et tous les jours, nous est adressée la Parole de Dieu, la Vérité. Cette parole donne « l’espérance qui ne déçoit pas ». Cette espérance, c’est la vie éternelle que Jésus donne à tous ceux qui croient en Lui. La crise que nous traversons actuellement ne détruira que notre économie. Les mœurs de notre société déclinent : ce n’est pas grave. Notre corps vieillit et tombe malade : ce n’est pas grave. Si le bateau doit couler, qu’il coule. Mais nous, nous ne sommes pas obligés de couler avec l’économie, de mourir en même temps que notre corps. Si nous confessons nos péchés, si nous reconnaissons nos fautes et si nous faisons confiance à Jésus, alors nous serons sauvés. Nous avons reçu une espérance que nous pouvons partager. Nous pouvons réconforter les affligés, leur montrer la lumière au bout du plus tortueux des chemins. Cette lumière, c’est Jésus.
Et si Jésus nous a consolés, et que la foi que nous mettons en Lui nous remplit d’espérance, alors nous n’avons pas le droit de garder cette espérance pour nous. Nous avons le devoir, tel saint Paul, d’annoncer l’Espérance en Dieu à ceux qui mettent leur confiance en de faux dieux qui mènent au chaos.





