Notre Dame de Guadalupe, une image divine

L’image de Notre-Dame de Guadalupe est un immense mystère. Ni son apparition, ni son existence n’ont pu être expliquées par la science, et ce malgré des années de recherches. Il devient alors évident, pour tous les hommes de bonne foi, que cette image est l’œuvre de Dieu.

Pas de trace de la main de l’homme

C’est sur une tilma, un manteau indien, qu’apparaît l’image de la Vierge de Guadalupe. Les tilmas étaient faites en fibres de cactus tissées, et avaient de multiples usages : elles servaient de manteau le jour, de couverture la nuit, et de hamac pour les enfants. On utilisait également ce tissu pour fabriquer des sacs. Normalement, la durée de vie de ce type de toile ne dépasse pas vingt ans ; au-delà, elle tombe en lambeaux. Sa surface rugueuse, proche de celle de la toile de jute, ne permet pas d’y peindre la moindre image. Cependant, dans le cas de cette image, l’enchevêtrement des fibres donne une certaine profondeur au portrait. Ses couleurs brillent comme les plumes d’un oiseau ou les ailes d’un insecte. Près de cinq siècles après l’apparition de cette image, les couleurs n’ont pas pâli, et l’image n’est pas craquelée. Il est évident que nous avons à faire à un miracle.

Pour en avoir le cœur net, on fit des recherches en 1976 afin d’identifier le type de fibre sur laquelle se trouve l’image de Notre Dame de Guadalupe. Il s’agit bien de fibres d’agave, une sorte de cactus. Quel étonnement : la Vierge Marie a donc imprimé son image sur un matériau non seulement modeste, mais en plus, éphémère. Et en dépit de toutes les lois de la nature, cette toile est toujours là, en excellent état, et le temps n’a sur elle pas la moindre emprise.

Pourtant, l’image de Notre Dame de Guadalupe, depuis son apparition en 1531, est continuellement exposée aux effets dévastateurs de la rudesse du climat, de l’humidité de l’air chargé de particules de sel, de la pollution créée par les feux de cheminées et les centaines de milliers de voitures qui circulent à Mexico, métropole de plus de vingt millions d’habitants. Voilà 484 ans que cette image est offerte à un culte interrompu. Les innombrables bougies qui ont brûlé non loin d’elle ont déposé sur la toile des particules de suie et émis des rayons ultraviolets qui auraient dû provoquer la décoloration des couleurs. Malgré cela, l’image de la Vierge Marie est toujours aussi fraîche, et ses couleurs aussi intenses que si elle venait d’être peinte. D’autre part, et pour des raisons encore inconnues, aucune particule de poussière ne se dépose sur l’image, et aucun insecte ne s’y pose.

Le professeur Richard Kuhn, lauréat du prix Nobel de chimie, découvrit en 1936 que les pigments utilisés dans cette image étaient absolument inconnus, et qu’ils n’étaient d’origine ni animale, ni végétale, ni minérale. Alors comment cette image est-elle fixée sur la toile ? Plusieurs examens effectués au microscope ont confirmé qu’il n’y avait aucune trace de coup de pinceau. Là encore, nous sommes en face d’un fait scientifiquement inexplicable. Une étude détaillée conduite par la célèbre entreprise Kodak en 1963 concluait que cette peinture n’avait pas été faite de la main de l’homme et qu’elle présentait certaines caractéristiques de la photographie. D’autres expertises scientifiques ont prouvé qu’on ne trouvait nulle trace de peinture, de croquis, d’apprêt, ni de vernis.

S. Callahan et J.B. Smith, deux scientifiques de l’Université de Floride, passèrent en 1979 l’image de Notre Dame de Guadalupe à la photographie infrarouge, une méthode très prisée pour l’étude des grands tableaux anciens. Cette technique est surtout utilisée dans la restauration de tableaux, puisqu’elle permet de révéler les croquis préparatoires qui se trouvent sous la couche de peinture. Elle permet au restaurateur de déterminer le type d’apprêt qui a été utilisé, la façon dont le tableau a été composé, ainsi que toutes les retouches qui auraient pu être faites. Ces chercheurs ont constaté que le pigment rose de l’image laissait passer la lumière infrarouge. Encore un fait inexplicable, puisque normalement, la couleur rose ne laisse pas passer les rayons infrarouges. Ils se sont également rendu compte qu’il était impossible d’expliquer la façon dont l’image de la Vierge avait été peinte. Elle présente des caractéristiques que l’on ne retrouve que dans la nature, chez les oiseaux et les insectes. Les photographies infrarouges ont révélé, elles aussi, l’absence de croquis ou d’apprêt, pourtant essentiels à toute peinture, ainsi que l’absence de vernis. Aucune technique de peinture connue n’est capable de produire ce résultat.

Il faut ajouter à cela deux faits étonnants. En 1791, un employé de la basilique renversa accidentellement de l’acide nitrique, un produit chimique très nocif, sur l’image. La toile n’en porte pas la moindre trace. Quelle explication apporter à ce fait, sinon que cette image se trouve sous la protection de Dieu. Et pendant la persécution des catholiques mexicains (les Cristeros) par le gouvernement, en 1921, des athées posèrent une bombe devant Notre-Dame, pour la détruire. L’explosion, très violente, ravagea l’autel et le vitrail, et plia le crucifix en métal qui se trouvait au-dessus de l’autel. Quant à l’image miraculeuse, elle n’eut pas la moindre éraflure. Les tentatives de destruction de cette image furent nombreuses, mais aucune ne réussit à atteindre son but. Cette image est miraculeusement protégée de toute agression des forces du mal.

Impossible à copier

Le pape Benoît XIV demanda au grand peintre mexicain Miguel Cabrera, qui créa en 1753 la première académie de peinture du Mexique, de lui peindre une copie de Notre Dame de Guadalupe. Cabrera put donc accéder autant qu’il le souhaitait à l’image, afin d’étudier le type de toile, les couleurs et la technique de peinture qui avaient été utilisées.

Après examen de la toile, Cabrera et les sept peintres qui travaillaient avec lui déclarèrent qu’il était impossible de copier cette image. Tout au plus pouvaient-ils en faire un portrait, ce qu’ils firent. Puis Cabrera mit par écrit ses observations, et notamment quelques faits hors du commun. Le premier était la longévité de l’image. En effet, il remarqua que la toile était composée de deux parties de taille égale, assemblées par un mince fil de coton, que l’humidité et le sel de l’air ambiant auraient dû dégrader depuis longtemps. Ce n’était pas le cas. Il nota ensuite que la toile ne portait aucune trace d’apprêt, qui constitue pourtant la première étape de tout tableau, et que cette image était un extraordinaire chef d’œuvre, peinte selon « une technique de peinture jusque là inconnue et qui ne pouvait venir que d’un pinceau céleste, tant cette image combine non seulement la plus belle des peintures mais également quatre techniques différentes : peinture à l’huile, aquarelle, et deux types de tempera. Chacune de ces techniques nécessite une sous-couche différente, et pourtant l’image n’en comporte aucune. […] Cette œuvre dépasse de loin la plus toile du plus grand maître. »

Le mystère des pupilles

La photographie a joué un rôle primordial dans l’étude de l’image de Notre Dame de Guadalupe. En 1928, Manuel Ramos prit pour la première fois des photos de haute qualité de l’image. L’année suivante, alors qu’un ophtalmologue examinait cette photo à l’aide d’une loupe, il poussa un cri. En effet, il avait vu dans la pupille de la Vierge le reflet de plusieurs personnages. Dès cet instant, il fut persuadé que ces yeux étaient “vivants”, et n’avaient pas pu être peints.

Cette découverte fut confirmée en 1951 par José Carlos Salinas Chavez, un autre photographe. L’archevêque de Mexico, Luis Maria Martinez, décida alors de créer un comité scientifique pour étudier ce phénomène. Après quatre années de recherches, le comité affirma que les yeux de la Vierge Marie avaient l’air vivant et qu’ils étaient donc d’origine surnaturelle. Dans les pupilles de la Vierge, l’on peut voir la silhouette d’un homme, certainement celle de Juan Diego. D’ailleurs, le portrait qui fut fait de lui à l’époque de l’apparition de cette image est très proche du visage dont on voit le reflet dans l’œil droit de la Vierge Marie.

Un nouvel examen des yeux de la Vierge Marie, entrepris en 1956, permit de découvrir que d’autres silhouettes d’hommes et de femmes étaient visibles sur la cornée. Les deux ophtalmologues en charge de cet examen, les docteurs  J. Toroella-Buena et Torija Lavoignet, avaient employé un ophtalmoscope, un appareil utiliser pour éclairer les milieux internes de l’œil. Le docteur Lavoignet déclara :

« On voit sur la cornée des deux yeux la silhouette d’une personne. La distorsion de l’image optique et sa position sont identiques à celles que l’on observe dans l’œil humain. Lorsque l’on dirige la lumière de l’ophtalmoscope sur la pupille de l’image de Notre-Dame, elle réagit de la même façon que la pupille d’un être humain : il se produit un reflet lumineux en forme de sculpture concave. Cet effet est impossible à obtenir sur une simple surface, encore moins sur une surface opaque telle que cette peinture. J’ai examiné les yeux d’autres peintures et photographies, et n’y ai trouvé aucun reflet de ce genre. Les yeux de l’image de la Vierge Marie semblent étrangement vivants. »

Les résultats de ces études ont été confirmés par d’autres scientifiques qui, dans les années 60 et 70, menèrent des expertises similaires. Le docteur Bruno Bonnet-Eymard déclara : « Tout semble indiquer qu’au moment où cette image est apparue, l’homme qui était face à la Vierge Marie s’est reflété sur les yeux de celle-ci et a été indirectement photographié. » D’autres études révélèrent que les images présentes dans les yeux de la Vierge Marie apparaissaient en trois endroits différents. Deux de ces images sont à l’endroit, et la troisième est à l’envers. Il s’agit de l’effet Purkinje-Samson, qui se produit dans l’œil humain.

Le docteur Charles Wahlig, un optométriste américain, secondé par une équipe de scientifiques issus de différentes disciplines, étudièrent cette image avec un grossissement de 25 fois, et découvrirent deux nouveaux visages dans les yeux de la Vierge. Ils furent en mesure d’en identifier un : il s’agissait de Juan Gonzalez, l’interprète de monseigneur Zumarraga, dont un portrait réalisé en 1533 avait été retrouvé deux ans plus tôt.

En 1979, on passa l’image de la Vierge de Guadalupe au crible des dernières technologies numériques. Un matériel de photographie satellite de la NASA permit notamment d’avoir un grossissement de l’image de 2 500 fois. Sur l’image, on ne retrouva aucune trace peinture, malgré la fraîcheur et l’éclat des couleurs. Encore un fait inexpliqué. Une analyse exhaustive de la pupille permit aux chercheurs de distinguer la scène où Juan Diego montra à l’évêque l’image miraculeuse qui était apparue sur son tilma. On reconnaît un groupe de personnes composé de Monseigneur Zumarraga et de son interprété Gonzalez, Juan Diego, assis, vêtu d’une veste ouverte, ainsi qu’un groupe d’Indiens avec un enfant, une femme, un espagnol barbu, une femme noire, etc… Il est à noter que dans les archives de Monseigneur Zumarraga, récemment découvertes à Séville, il est fait mention d’une esclave noire portant le nom de Marie, à qui l’évêque avait offert la liberté. Dans les yeux de la Vierge Marie, ce sont donc treize personnes qui apparaissent. Cette scène est décrite dans le Nican Mopohua, le récit de cet événement : « Il ouvrit son manteau dans lesquelles les fleurs se trouvaient. […] Quand l’évêque et le reste de l’assemblée virent ce miracle, ils tombèrent à genoux de stupéfaction. Puis ils se relevèrent pour examiner le manteau. »

Un journaliste allemand, Paul Badde, avait émis de sérieux doutes quant à cet événement. Voilà comment José Aste Tonsmann lui répondit : « S’il n’y avait qu’une seule de ces “images”, je vous donnerais raison. Mais ici, nous en avons deux semblables, dans les deux yeux. En outre, ces “photographies” ne sont pas identiques, mais leurs proportions et leur reflet correspondent exactement à ce qui se passe en ce moment même dans vos yeux, où vous avez deux photos différentes de la même scène. C’est exactement ce que l’on observe dans les yeux de la Vierge de Guadalupe : deux “photographies” prises sous deux angles différents, qui correspondent parfaitement au vecteur selon lequel une image est vue par la même paire d’yeux. Si ça, ce n’est pas une preuve ! S’il n’y avait eu qu’une seule image, elle aurait pu être attribuée à une coïncidence, ou à une interprétation biaisée. Mais ici, il y en a deux, devant lesquelles la raison ne peut que s’incliner. Dans ce cas, les conformités et les distorsions provoquées par la courbe de la cornée sont bien trop complexes pour avoir été dessinées par un homme. Qui aurait fait ça ? Et dans quel but ? »

Un des plus grands miracles connus

Pendant les dix années qui ont séparé la conquête du Mexique par les Espagnols et les apparitions sur la colline de Tepeyac, les missionnaires espagnols n’avaient réussi à convertir qu’un petit nombre d’Indiens. Mais dans les années qui ont suivi les apparitions de la Vierge, on enregistra le plus grand nombre de conversions de l’histoire de l’humanité. Les Indiens, pour la plupart hostiles à la religion, à la culture et à la présence des conquistadors espagnols, se laissèrent toucher par les apparitions et par l’image miraculeuse de Notre Dame de Guadalupe. En sept ans, neuf millions d’entre eux reçurent le baptême et s’engagèrent dans une vie de foi sincère. Les documents de l’époque racontent que les Indiens faisaient la queue pour être baptisés et se marier, et que les missionnaires œuvraient du matin au soir. Le franciscain Torbido raconta que lui et un autre prêtre avaient baptisé à eux deux 14 000 âmes en cinq jours. L’on trouve des histoires semblables dans toutes les missions. L’apparition de la Vierge Marie, le message qu’elle transmit au moyen de l’image miraculeuse, eurent un immense effet sur les Indiens qui se convertirent spontanément, adhérèrent au message de l’Évangile, demandèrent le sacrement du Baptême, devenant ainsi les membres d’une seule et même communauté, celle de l’Église Catholique. Ce miracle fut suivi d’un autre : la haine et l’hostilité qui régnaient entre Indiens et Espagnols disparut, et ces deux nations, pourtant si culturellement, racialement et religieusement différentes, s’unirent pour ne former qu’une seule et même nation, la nation mexicaine. Racisme et nationalisme disparurent. Tous devinrent les enfants de Marie, la Mère du seul vrai Dieu, Jésus Christ, fait homme pour notre salut. L’évangélisation des Indiens, ainsi que la transformation et l’affermissement de la foi des conquistadors espagnols eurent lieu en un temps éclair et de façon profondément sincère. Il s’agit là sans aucun doute d’un des plus grands miracles de l’histoire de l’humanité.

Un rôle crucial

Les apparitions et l’image merveilleuse de la Vierge Marie sur la tilma de Juan Diego ont joué un rôle déterminant dans la conversion des Indiens. Cette image contient un certain nombre de symboles qui font tous sens dans la culture aztèque, et traduisent ainsi le message des Écritures Saintes.

Il faut bien se rappeler que les Aztèques avaient une pratique religieuse particulièrement barbare. Ils adoraient plus de 200 dieux majeurs, et quelques 1 600 dieux mineurs. Le plus important d’entre eux était le dieu du soleil. Mais sur l’image, la lumière de celui-ci est éclipsée par la Vierge Marie elle-même. Les Aztèques pouvaient, en une semaine, sacrifier à leurs dieux plus de 20 000 personnes. Ils étaient donc constamment en guerre, afin d’avoir suffisamment de prisonniers à offrir en victimes. Un de leurs rituels consistait à arracher le cœur d’une victime encore vivante. Ces sacrifices sanglants au dieu du soleil avaient pour principal but de s’assurer qu’il se lèverait bien le lendemain matin. Mais la Vierge Marie masquait le soleil, signifiant ainsi qu’il ne devait pas faire l’objet d’adoration et de sacrifices humains. Les fleurs qui ornent sa robe disent que la terre est son vêtement, et son manteau étoilé, qu’elle a le ciel pour manteau. Cependant la Vierge Marie n’est pas une déesse : ses mains jointes en prière en témoignent. Elle est pourtant la Mère du Fils de Dieu, qu’elle porte en son sein, comme on le devine sur l’image par la forme de sa robe.

Cette image de Marie est une sorte d’ostensoir vivant. Son attitude et son regard nous guident vers son divin Fils. Au centre de l’image se trouve un jasmin à quatre feuilles, symbole indien du soleil. Pour les Aztèques, le message était clair : la Vierge Marie porte en elle le vrai Dieu, qui s’est fait homme pour nous délivrer du mal, du péché et de la mort. Lorsque l’on observe à la loupe le cœur de cette fleur de jasmin, on peut apercevoir le visage de l’Enfant Jésus. Les étoiles qui ornent le voile de Marie correspondent à la carte du ciel qui surplombait le Mexique du 12 décembre 1531, mais vu depuis l’espace, en regardant en direction de la Terre. La date de la manifestation de la Mère de Dieu se retrouve donc imprimée sur cette toile.

En aztèque, Marie porte le nom de nahuatl Coatlaxopeu, ce qui signifie « la tueuse de serpent ». Et le serpent étant la représentation du diable, la Vierge Marie apparaît donc victorieuse du Mal. Satan est un ange déchu. Son péché d’orgueil absolu fait de lui le « menteur et père du mensonge » (Jn 8, 44). Il vit dans la négation radicale de Dieu, et tente d’imposer à l’humanité « ce choix qu’il a fait au commencement de repousser Dieu, de rejeter la vérité du Bien suprême et définitif qu’est Dieu lui-même » (Jean-Paul II, audience du 13 août 1986). Ainsi, de tout leur être, le diable et les autres mauvais esprits méprisent Dieu et désirent insuffler cette haine aux hommes pour les mener sur le chemin de l’enfer qu’est l’égoïsme absolu. Le Diable met toute son intelligence à conduire l’homme à des sommets de haine, d’orgueil, de désespoir et de doute. Notre seul recours face à cette inquiétante réalité des forces du mal est de mettre, par Marie, toute notre confiance dans le Christ, qui, par sa mort et sa résurrection, a libéré tous les peuples du mal, du péché et de la mort.