Il y a deux mille ans, les pharisiens ont critiqué le Seigneur Jésus parce qu’Il avait guéri quelqu’un le jour du sabbat. Jésus leur avait répondu : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? » Mais eux se taisaient. » (Marc 3, 4). Aujourd’hui, les chrétiens sont critiqués parce qu’ils refusent de tuer les enfants à naître, et exigent le respect de la vie humaine de sa conception jusqu’à sa fin naturelle.
La société actuelle est radicalement différente. Là où les pharisiens voulaient, en toute bonne foi, faire respecter l’un des dix commandements, aujourd’hui on ignore tout de la volonté de Dieu, et il n’y a plus que l’argent et le pouvoir qui règnent en maître. Ne nous voilons pas la face : l’industrie de l’avortement et de la contraception génère de telles sommes d’argent que jamais elle ne fera machine arrière. Malheureusement, cet argent est sali par le sang d’innocentes victimes.
Il n’est pas étonnant que tous ceux à qui profite cet argent ne soient pas avares en campagnes publicitaires et promeuvent agressivement l’avortement, la contraception et l’euthanasie. Il est par contre curieux que les gens ordinaires, ceux à qui ils essayent justement de soustraire de l’argent, approuvent cette idéologie. Ils ont l’impression d’être libres de leur comportement et que personne ne peut leur interdire ceci ou cela.
Cependant, Jésus nous laisse un commandement de vie en communauté bien différent : « Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. » (Mt 7, 12). Posons-nous alors la question : aurais-je voulu que l’on avorte de moi ? Après avoir regardé des films tel que Le cri silencieux de Bernard Nathanson (qui montre par échographie ce qui se passe dans le vente de la mère pendant un avortement), j’ai acquis l’intime conviction qu’aucun être humain ne voudrait vivre ce que traverse un enfant tué dans le sein de sa mère, dans le lieu même qui a été conçu comme un abri pour la vie naissante. Aucune personne normalement constituée ne voudrait vivre cela. Alors pourquoi tant de gens veulent-ils faire subir cela à un enfant sans défense, et ose encore appeler cela une «liberté» ? Pourquoi dénigre-t-on ceux qui défendent la vienaissante?
Je ne vois qu’une seule explication. Jésus lui-même a dit : « Le monde […] a de la haine contre moi parce que je témoigne que ses œuvres sont mauvaises. » (Jn 7, 7). Puis, se tournant vers les disciples, il les éclaira : « Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre. » (Jn 15, 20). Toute personne qui a décidé de suivre Jésus et considère la vie humaine comme une valeur suprême et indiscutable, sera détestée par le monde, qui engendre le mal et profite de la souffrance humaine pour s’enrichir. Mais quand on garde les paroles de Jésus, on ne peut rester indifférent en regardant le mal se pavaner.
Ainsi, ce qui fait la différence dans notre approche de la vie humaine, c’est notre appartenance à la communauté des chrétiens. Si nous sommes disciples de Jésus, alors nous devons être sensibles à tout ce qui blesse notre prochain. Nous devons nous identifier à chaque souffrant tout comme Jésus s’identifie à lui. Nous devons nous lever pour prendre la défense des plus faibles, tout comme le faisait Jésus. Et si nous sommes critiqués pour cela, jugés ou même persécutés, nous recevrons alors une bénédiction toute spéciale, conformément à la promesse de Jésus : « Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. » (Mt 5, 11-12).
Que ces mots soient un avertissement pour tous ceux qui se disent catholiques mais restent indifférents au sort des enfants tués avant la naissance. Cette attitude d’indifférence, voire d’approbation envers l’avortement, pourrait bien les empêcher d’accéder au Ciel. Jésus, au jour du Jugement dernier, pourrait bien leur dire : j’ai été tué dans le sein maternel et vous, vous n’avez rien fait (cf Mt 25, 41-46).
Saint Jean-Paul II écrivait : « La défense et la promotion de la vie humaine ne sont le monopole de personne mais le devoir et la responsabilité de tous » (Evangelium Vitae, 91). Tous ceux qui se disent disciples de Jésus-Christ , et donc à qui sont adressées ces paroles de Jean-Paul II, doivent s’engager dans la défense et la protection de la vie. La situation actuelle est critique, puisqu’en Europe, on compte sur les doigts de la main les pays où l’avortement est interdit et où la vie des enfants à naître est protégée. A Malte, l’avortement est totalement interdit. Il n’est autorisé en Pologne et en Irlande qu’en cas de problème très spécifique (grossesse suite à un viol, ou graves risques de santé pour la mère).
La situation européenne est paradoxale : alors que presque tous les pays souffrent de problèmes démographiques, ils autorisent presque tous à tuer un enfant à naître, sans raison. Dans tous les pays, on manque de main d’œuvre, alors que le droit à l’euthanasie, qui a été imposé aux gens sous l’expression politiquement correcte de « droit à mourir dans la dignité » (alors que la dignité est inhérente à chaque être humain, quelque soit sa condition physique), commence à concerner les personnes en état de grande dépendance. Il existe déjà des centres proposant de tuer ceux qui veulent se suicider. Plus la peine de se pendre : il n’y a qu’à venir dans un de centres, signer un chèque, et quelqu’un d’autre s’occupe du reste. Voila la dernière nouveauté de la « culture de la mort » contre laquelle Jean-Paul II nous mettait en garde. C’est très simple : dès que l’être humain se détourne de Dieu, Celui qui donne la vie, il meurt spirituellement. Et cette mort spirituelle peut même entraîner une mort tout à fait physique.
Jésus attend de toi une décision. Tu peux sans doute prendre part aux Marches pour la Vie organisées actuellement. Tu peux adopter spirituellement un enfant (prier neuf mois durant pour un enfant anonyme et menacé d’avortement). Tu peux soutenir financièrement les associations qui luttent pour le droit de tout être humain à voir le jour et à mourir naturellement. Tu peux tout simplement prier pour les personnes qui se battent pour le droit à la vie. Tu peux témoigner lors de conversations avec tes amis, quand le sujet de l’avortement est abordé, et demander à ses partisans s’ils auraient voulu que leur mère se paye un soin consistant à les extraire de leur ventre, à l’aide d’un aspirateur (ou équivalent). N’aie pas peur s’ils se moquent de toi, l’Esprit Saint se servira sûrement de tes paroles pour réveiller les consciences et toi, Il te comblera de grâces.
Mais il est hors de question de rester les bras croisés sans rien faire, et de vivre comme si de rien n’était.





